«Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d’autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout.» (GODARD)

La plume d'un cinéphile.

01 avril 2008

J'ai toujours rêvé d'être un gangster - Samuel Benchetrit

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"J'ai toujours rêvé d'être un gangster" célèbre réplique des Affranchis de Martin Scorsese, représente bien la symbolique du film de Samuel Benchetrit : rendre un pur hommage de cinéphile à ceux qui l'ont marqué, tout en traitant en fronton des petites gens.

Son cinéma, nourri par le muet, le néoréalisme, la nouvelle vague, le cinéma américain independant, se mêle et s'entremêle. Dans un noir et blanc feutré format 1.37, Benchetrit n'intègre que des seconds rôles. Quatre sketchs se succèdent, à la manière d'une comédie italienne, tous s'articulant autour d'une cafétéria bordant une nationale. Quatre sketchs où il dévoile des personnages abîmés, esseulés, manqués.

j3Drew Barrymore ressemble à un hamburger installe l'atmosphère sinistre et décrépie du récit avec Anna Mouglalis comme serveuse et Edouard Baer en braqueur sans flingue. Puis Pourquoi tu veux mourir, petite ? avec deux kidnappeurs belges (Bouli Lanners et Serge Larivière) qui n'ont au final que le souci d'éviter le suicide de leur captive. Oh Gaby ! avec l'affrontement consternant et insipide des chanteurs Alain Bashung et Arno, affrontement qui n'est pas sans rappeler Coffee and Cigarettes de Jarmush (Iggy Pop/Tom Waits). Enfin C'est fou comme tout change avec les loups de la vieille garde (Terzieff, Rochefort, Kalfon, Dumas, Venantini), avides d'un dernier braquage. Mention spéciale pour Rochefort et et sa mémorable ode à la nature.

j2Benchetrit y imprime comme dans ses livres le constat récurrent de l'échec, l'absurdité de la quête de l'héroïsme, du devenir quelqu'un. S'inclue-t-il dedans ? Se sent-il comme ces paumés ? Toujours est-il qu'il établit des faits mais ne les approfondit pas, les digressions restent toujours courtes et éparses. Il ne produit pas ce cinéma littéraire cher à Godard, car il se sert dans toutes les soupes et que son style reste profondément formel. Bien qu'il soit ne soit pas blâmable, comme le prouve une bande son admirablement travaillée (voire tarantinesque) et des plans séquences parfaits, il n'y a jamais de "cachet Benchetrit". Il subsiste une plume, certes...

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Oeuvre unique marquée par l'esthétisme du noir et blanc et par une mise en scène poétique, mais aussi oeuvre plurielle car elle est prosternation et révérence aux grands du cinéma.

Avis : ++--

Posté par EISENSTEIN à 01:23 - Critiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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